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Test d’un modèle pédagogique de résilience par l’art pour des enfants en difficultés psycho-affectives

Sujet du stage :

L’association « Art-Projets » réunit trois Maisons d’Enfants à Caractère Social (MECS) de la région lyonnaise (Albigny s/Saône ; Vaugneray ; Saint-Priest). Accueillant des enfants placés suite à une décision de justice, chacune des maisons apporte un encadrement des enfants au quotidien par une équipe d’éducateurs spécialisés. L’objectif d’Art-Projets est d’introduire dans ces maisons, une médiation artistique, basée sur le théâtre, afin de permettre aux enfants la découverte d’une discipline nouvelle et, plus encore, une possibilité d’expression verbale et corporelle au sein d’un cadre souple et ludique. La finalité est de mettre en place des « MEMA » - Maisons d’Enfants, Maisons d’Artistes – c’est à dire des résidences permanentes d’artistes au sein des MECS.
La temporalité du stage ne permettant pas de mesurer les effets réels de l’activité sur les enfants et d’objectiver concrètement l’évaluation de l’outil, l’étude a été envisagée en accord avec l’association, comme une recherche empirique. L’angle choisi a été « la perception du médiateur par les parties en présence et de déterminer quelles étaient les variables les plus importantes dans cette perception » (Touzard, 1968, p. 271). Il a été constaté que l’investissement institutionnel de la médiation contribue fortement à son bon déroulement et à engendrer des effets positifs chez les enfants, notamment concernant la motivation et leur capacité à s’engager dans un projet ainsi qu’à le construire. Cependant, l’intégration de la médiation au quotidien avec le projet MEMA reste, au-delà des résultats, une véritable variable à tester, la question du quotidien apparaissant comme centrale dans cet objectif à long terme. L’aspect évènementiel de l’outil par sa mise en place sur des périodes charnières comme les vacances scolaires ne contribuerait-il pas justement à son efficience ? En effet, l’intégration dans le quotidien pourrait le priver de ses qualités évènementielles, et donc susciter dès lors, moins d’investissement de la part des enfants. De plus, la médiation actuelle propose justement de sortir de ce quotidien, qui à ce titre, selon les éducateurs, peut parfois se révéler difficile. Aussi, le fait de la présence des artistes lors des vacances scolaires uniquement permet également d’envisager ces périodes sans école de façon plus sereine. Les enfants n’ont pas tous la possibilité de rentrer dans leur famille, ainsi la médiation permet de faire relais entre l’absence de l’école et un certain manque familial.
Ces constats nous invitent à penser que l’activité théâtrale, avant d’être instaurée selon le projet MEMA déjà pré-établi, mériterait peut être une « période d’essai », en augmentant progressivement la présence des artistes sur les structures, avant de les intégrer de façon pérenne au quotidien.
Anne-Sophie PETIT

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