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[Fin de stage] « Protéger les terres agricoles »

Le 24 juin 2021 De 15:00 à 16:00
Le 24 juin 2021 De 15:00 à 16:00

Une thématique abordée avec citoyens et chercheurs dans le cadre de la Boutique des sciences : retour sur un des stages de cette année 2021, avec Louise Bolmont, étudiante à l’Institut d’Urbanisme de Lyon

« Ce travail, ça nous permet de mettre des mots et des choses tangibles sur ce qu’on défend au quotidien, ça va nous aider à structurer notre pensée et notre action ici ». Cette phrase d’un bénévole de l’association Quicury, prenons soin de notre territoire résume en partie l’apport du stage Boutique des sciences de Louise, étudiante en Master 2 Urbanisme Aménagement (Université Lumière Lyon 2). Elle a été prononcée lors de la restitution du travail, faite le 28 août 2021 sous forme d’atelier participatif impliquant une vingtaine de membres de cette association de protection du foncier agricole dans l’Ouest Rhodanien.
Au départ, « les Quicury » ont sollicité la Boutique des Sciences dans l’optique d’être accompagné pour réfléchir aux opportunités de fournir la restauration collective de leur secteur (aux environs de l’Arbresle dans l’ouest lyonnais) en produits bio locaux tout en préservant et valorisant des terres agricoles alors fléchées comme zone industrielle, donc vouées autrement à être artificialisées. Ce collectif d’habitants s’était initialement créé en 2018 pour s’opposer à l’installation d’une plateforme logistique sur des terres agricoles situées sur le territoire du SMADEOR (Syndicat Mixte d’Aménagement de l’Ouest Rhodanien). Ces citoyens de divers horizons (milieu agricole ou non, « néo » ruraux et habitants « historiques ») étudient depuis plusieurs années les alternatives possibles en termes de préservation de la biodiversité, de création d’emplois durables socialement et écologiquement. En 2020, dans le but de confronter leurs idées et de pouvoir mieux structurer leurs actions, ils ont souhaité bénéficier d’un regard et une expertise universitaire par le biais du dispositif de la Boutique des sciences.
C’est dans ce cadre qu’ils ont accueilli dès mars 2021 Louise Bolmont, étudiante en urbanisme , encadrée tout au long de son stage par Rachel Linossier, ‎Maîtresse de conférences à l’Institut d'Urbanisme de Lyon (Université Lumière Lyon 2) et Adrien Baysse-Lainé, chercheur au CNRS spécialisé dans le foncier agricole et la notion de « communs ».
 

Une problématique axée sur le rôle des citoyens

Motivée par son attachement fort à la thématique alimentaire, Louise a réalisé des analyses, des recherches documentaires (cas similaires) et de terrain (enquêtes, observation…) en coopération avec l’association et les acteurs du territoire et a décidé, en accord avec « les Quicury » de modifier leur problématique de départ. Plutôt que d’étudier la faisabilité d’une offre de restauration collective, alors que la filière n’était pas suffisamment structurée, le combat juridique pour les terres pas terminé et le collectif pas forcément prêt à porter cette question, elle a travaillé sur le rôle des collectifs citoyens dans la préservation du foncier agricole. Son mémoire de recherche intitulé « Entre opposition, fédération et proposition » prend appui sur le cas de la lutte du Collectif Quicury dans le Val de Turdine. Louise a ainsi utilisé les recherches en sciences humaines pour trouver les différentes « politiques d’identité de lieu » qui permettent de comprendre les pratiques et représentations du territoire qui sous-tendent les phases liées à l’aménagement et sa contestation par le collectif : Phase hégémoniques (où le groupe social dominant donne un sens au territoire qui est accepté et considéré comme légitime par les autres groupes sociaux), Phase de résistance (se dessine lorsque ce sens dominant est remis en cause par certains groupes sociaux), et Phase d’émergence (de renégociation de la vision portée sur le territoire entre ces différents groupes sociaux).
 

Des perspectives favorables

Lors d’un atelier participatif mobilisant des outils d’éducation populaire, l’étudiante et l’association ont également pu échanger sur le rôle du collectif dans un avenir proche et formuler plus clairement les enjeux à venir pour eux. Côté recherche, ce travail ouvre des portes sur des thématiques liées au foncier, à l’aménagement et sa réglementation, sur le lien entre urbanisme et question alimentaire. A partir de la rentrée 2021, Louise va d’ailleurs continuer à s’intéresser à ces questions au sein du Laboratoire d’Etudes Rurales et le Collectif Quicury poursuit sa lutte, avec de nouveaux éclairages et un pont avec les enseignants de l’Institut d’Urbanisme de Lyon.

Retrouvez en complément :

- Les pistes de coopérations locales proposées à l'issu du stage

- Une synthèse du travail de Louise Bolmont

- Le site du Collectif Quicury

- Le site de l'Institut d'Urbanisme de Lyon