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Action sociale, Culture, Ville / Questions urbaines / Mobilités

Impact d'une pratique artistique dans un territoire politique de la ville

Du 1 février 2016 au 29 juillet 2016

La « Jeune Compagnie de La Duchère » est une action d'éducation artistique menée depuis 4 ans, et résultant de la rencontre entre les engagements de la MJC Duchère et ceux de la compagnie de danse Hallet Eghayan dans une culture d’éducation populaire. Ce projet entre dans le cadre institutionnel du GPV – Grand Projet de Ville dont fait l’objet ce quartier situé en géographie prioritaire.

La Compagnie de danse Hallet Eghayan est une compagnie et une école de danse contemporaine crée en 1977 par Michel Hallet Eghayan. En plus de son travail de création artistique composée à ce jour de plus de 70 pièces, la Compagnie forme des danseurs professionnels et a une école pour les amateurs. Elle considère comme fondamental la transmission de l’art au plus grand nombre et est ainsi très engagée dans des projets d’éducation artistique dans la Cité. Implantée à Vaise, en bas du quartier de La Duchère, elle est missionnée par la ville de Lyon depuis 22 ans, pour créer et diffuser son travail artistique et le décliner pédagogiquement auprès des enfants des écoles primaires du 9ème arrondissement de Lyon. Ainsi son champ d’intervention accompagne avec la pratique de l’art les enseignements fondamentaux des classes primaires. Le quartier de La Duchère est un secteur classé en géographie prioritaire. Ce quartier fait donc partit d’un Grand Projet de Ville dont l’ambition est d’en faire un espace de vie plus attractif, plus ouvert et plus équilibré. Cela consiste notamment en la reconstruction du quartier, avec de nouveaux immeubles, de nouveaux locaux commerciaux, de nouveaux espaces publiques et naturels.
Pour beaucoup de famille vivant dans ce quartier, la danse contemporaine, ainsi que le théâtre, ou encore certains concerts musicaux, et en général l’accès l’art sont des choses auxquelles elles ne pensent ne pas avoir droit. Beaucoup d’entre elles estiment que cet accès à la connaissance n’est pas pour elles. C’est pourquoi la Compagnie de danse Hallet Eghayan s’investie dans de nombreux projets d’éducation artistique afin de faciliter l’accès à une culture commune pour le plus grand nombre au sein du quartier de La Duchère.

Chaque année, la Compagnie de danse Hallet Eghayan organisait en fin d’année une Fête des Enfants au cours de laquelle, chaque classe présentait aux parents le travail mené sur l’année. En 2013, cette Fête des Enfants fut intégrée dans la programmation du festival d’Art et D’air qui se déroule depuis 2011 pendant 3 jours en juin et qui mobilise toutes les associations et acteurs culturels de La Duchère, sous la coordination de la Maison des Jeunes et de la Culture de La Duchère.
La MJC de La Duchère essayait depuis plusieurs années, de développer en son sein des ateliers de pratiques artistiques. Ces ateliers sont différents des cours de danse, théâtre ou arts plastiques habituels. Il s’agit non seulement de se former, mais aussi de produire ensemble un spectacle ou une exposition. C’est une démarche différente, qui demande une forme forte d’engagement citoyen vis à vis de chaque membre du groupe et dans la durée. Ces projets d’ateliers de pratiques artistique font aussi référence à la déclaration des droits culturels de Fribourg. A La Duchère, on parle plus de 50 langues différentes. De nombreuses cultures sont peu visibles, peu valorisées et il y a un fort enjeu à faciliter l’accès à l’expression artistique et culturelle. Ainsi, ces ateliers sont proposés à un coût modique et s’adressent à une population ciblée.

C’est ainsi que, à l’issue de ce festival, le directeur de la MJC, François Fayolle, proposa à Michel Hallet Eghayan de créer ensemble la Jeune Compagnie de danse de La Duchère. En effet, quelques enfants ayant bénéficié d’ateliers de danse dans leur école avec les danseurs de la Compagnie, avaient émis l’envie de poursuivre en dehors de leur école.

Ainsi, a été créée la Jeune Compagnie de La Duchère (septembre 2013), constituée cette année de 12 enfants repérés par les intervenants de la Compagnie dans les écoles, avec un atelier de danse hebdomadaire qui a lieu les lundis soir de 17h30 à 19h. La coopération entre la Compagnie et la MJC permettait ainsi aux familles de pouvoir inscrire leurs enfants au cours de danse avec une cotisation modique (40€ à l’année). Avec le temps de nouveaux enfants se sont intégrés au groupe. Pour l’année qui démarre, 2016-2017, 2 ateliers vont être constitués avec un groupe constitué de nouveaux arrivants et un groupe d’enfants plus expérimentés. Les enfants ont produit leur spectacle dans différents événements : le Festival d’Art et d’Air de la Duchère, La fête de la MJC, au Foyer Protestant de la Duchère, dans la salle des Echappées Belles, ainsi qu’à la MJC de Saint Martin la Plaine (42).

Le but de cette étude était au départ de pouvoir évaluer l’impact de la pratique de la danse chez les enfants, mais également d’étendre l’étude à l’impact sur leur famille. De nombreuses études scientifiques dans différents pays, peu en France, ont permis de mettre en évidence les bienfaits de l’éducation artistique et de la danse chez les enfants. Elle leur permet de s’épanouir, d’avoir une meilleure confiance en eux, sur le plan physique, émotionnelle mais également scolaire. Cette confiance scolaire, ne se retrouve pas dans leur note, puisqu’on le sait, les notes ne sont pas représentatives du niveau scolaire. Mais cette confiance scolaire se retrouve dans leur comportement, ils sont plus à l’écoute, plus attentif à ce qu’il se passe autour d’eux, plus respectueux dans leur prise de parole, plus concentrés et cela leur permet d’acquérir d’autres moyens mémo-techniques. Lors de la création d’un spectacle de danse contemporaine, les mouvements créés par les enfants, doivent être retenus, ainsi que leur ordre de passage, etc… Cela favorise le travail de la mémoire, ce qui se retrouve dans leur manière de travailler par la suite.

De plus, la danse contemporaine à la particularité de ne pas faire danser les enfants devant un miroir. En effet, lorsque l’on se regarde dans un miroir, nous allons tout de suite identifier nos défauts, ce que nous n‘aimons pas chez nous ce qui change la perception que l’enfant à de lui-même. Le fait de ne pas se voir permet à l’enfant de se libérer de ses complexes, de développer une perception corporelle et émotionnelle plus intérieure et plus profonde et donc de prendre plus confiance en lui sur le plan physique. L’enfant libéré de ses complexes va pouvoir créer une danse avec moins d’aprioris avec des mouvements précis, contrôlés, et amples.

L'étude s’est donc centrée sur l’impact que pouvait avoir la danse sur l’estime de soi chez les enfants. Ne bénéficiant malheureusement que de 4 mois, il était compliqué de faire plus et d’agrandir le champ d’étude à la famille.