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[Stage Boutique des Sciences] Valorisation des savoir-faire et inclusion sociale

Etudiante en Psychologie Sociale et Environnementale à l’Université de Nîmes, Mila Daval a choisi de finir son cursus avec un stage Boutique des sciences pour mettre ses compétences au service de l’innovation sociale. En février 2020, elle a intégré Tissu solidaire, association qui utilise la couture comme outil de médiation pour favoriser l’inclusion sociale et l’intégration professionnelle des personnes réfugiées. L’association de Villeurbanne s’est d’ailleurs à ce moment-là très rapidement mobilisée par rapport à la crise sanitaire en proposant des masques confectionnés sur commande par des personnes exilées de son réseau. Si la structure s’est adaptée à la situation, il en est de même pour l’étudiante Boutique des Sciences qui a mené tant bien que mal son étude.

En quoi consiste votre étude ?
Créée il y a moins de 5 ans, Tissu Solidaire est une association en plein développement. La structure souhaite donc mieux comprendre les effets de ses actions et a ainsi choisi d’être accompagnée par la Boutique des sciences dans sa démarche d’étude d’impact. Ce travail permettra de rendre compte des changements induits par les activités mises en place. Quels sont par exemple les résultats ou répercussions de l’atelier qui, 2 fois par semaine, réunit autour de la couture des bénéficiaires de divers horizons, exilés ou résidents ?
Une compréhension fine des impacts permettra à la fois de mieux communiquer, de légitimer l’intérêt d’une telle association au sein de la société, et éventuellement de remettre en question ou de repenser certains aspects. Je suis ainsi en train de réaliser une étude qualitative, basée sur la conduite d’entretiens semi-directifs auprès des personnes impliquées dans l’association. Les résultats obtenus permettront d’établir un premier état des lieux et d’orienter la construction d’un questionnaire. Diffusé largement au sein de la communauté Tissu Solidaire, celui-ci permettra d'obtenir cette fois-ci des données quantitatives et de donner du poids à la mesure d'impact. Avec cet outil, il sera aussi possible de mesurer une potentielle évolution sur le long terme.

Qu’est-ce que le confinement a changé dans votre mission ?
La situation de confinement a bien sûr ralenti certaines activités de l’association comme le programme de remobilisation professionnelle et a engendré de nouvelles activité autour notamment de la confection de masques. Cela n’a pas eu trop d’impact sur l’objet de mon étude mais la situation a rendu l’exercice difficile. Prévus à l’origine en face en face, les entretiens se sont déroulés par téléphone, un cadre dans lequel il est plus compliqué de mettre les personnes interviewées à l’aise, en confiance. Cela rend l’échange plus impersonnel et peut donc parfois altérer un peu le contenu des entretiens. A cela s’ajoute aussi la difficulté de la langue, certains bénéficiaires du programme ne parlant pas très bien français. Au téléphone, on peut difficilement s’appuyer sur les gestes ou les regards…

Comment vous êtes-vous adaptée à la situation ?
Au cours des entretiens téléphoniques et en fonction des personnes avec qui j'échangeais, j'ai essayé d’ajuster un peu ma façon d’introduire l’échange ou de formuler les questions. Je n’ai pas pu changer le cadre mais j’ai pu m’appuyer sur les avantages que procurait la situation. En effet, avec ces rendez-vous téléphoniques, mes interlocutrices et interlocuteurs se sont révélés être toujours très disponibles : pas de contrainte horaire ni d’environnement bruyant. J’ai aussi pu réaliser beaucoup plus d’entretiens en un temps moindre et j’ai donc maintenant plus de temps pour bien analyser le matériel que j’ai à ma disposition.
Au-delà de l’étude proprement dite, ces entretiens étaient aussi une façon de prendre des nouvelles des membres de la communauté Tissu Solidaire, notamment les personnes les plus isolées pour qui la situation de confinement s’est avérée être vraiment difficile.
Le contexte met aussi en évidence de nouvelles formes d’entraide qu’il est intéressant
d'observer : malgré l’arrêt des regroupements et des ateliers de “faire ensemble” au sein de l’association, on observe le développement d’une forme de solidarité à l’échelle de Villeurbanne, avec notamment le collectif « des Villeurbannais masqués ».
Cet engagement citoyen aura tout intérêt à être valorisé et maintenu dans le futur, notamment via les activités proposées par l’association quand elles auront totalement repris.